| Les fanfics des membres |
Ecrit par Iphia
Nonge et Mun Su.
- Je danse. Les yeux fermés, rien ne compte à part la musique. Ne penser à rien. Juste la musique et la danse. Le chef et ses hommes sont là à me regarder. Ne pas y penser, juste danser.
- Attendre. Attendre ton retour, ton regard sur moi. Attendre le temps qu’il faudra mais te revoir au moins une fois.
- L’alcool coule au rythme de la musique, au rythme de mes pas. Accélérer, danser toujours plus vite, l’alcool toujours sur le même tempo. Non, musicien, ne t’arrêtes pas. Ce soir, il faut que l’ivresse voie le jour.
- J’essaye de dormir. En vain. Je n’en peux plus de t’attendre. Tu as lu en moi. Comment as-tu fait ? Par quel sortilège ? Près de toi je pourrais trouver l’oubli. Il faut que je te revoie. Au moins une fois.
- Ton souffle sur ma peau, tes lèvres sur mon corps, je les emporterai avec moi. Ton regard… Ton regard si vide. Au fond, la souffrance. Qui a pu te faire souffrir ainsi ? J’aurais tellement aimé pouvoir être celle qui te guérira.
- Ta peau contre la mienne, tes soupirs étouffés, je les vis encore. Ton regard si semblable au mien. Tu saurais panser mon âme. Elle n’attend que tes soins.
- Danser, ne penser à rien d’autre. Coule, alcool, coule. Enivre les tous. Mais garde moi l’esprit clair. Danser, ne penser à rien d’autre.
- Où es-tu ? Que fais-tu ? Pourquoi avoir pris toutes tes bagues ? Pourquoi avoir voulu entendre ton nom de ma bouche ? Pourquoi ce pressentiment qui me harcèle sans cesse ?
- L’air de la rivière est si frais, si pur… J’aurai aimé être comme cette eau : limpide et claire, nulle souillure ne la parcourt.
- Nonge. Je t’attends. Tu as su rester pure malgré les épreuves. J’ai besoin de toi.
- L’amener où je le souhaite. Le prendre entre mes bras et fermer les doigts. Les bagues forment une chaîne indestructible. L’eau nous entoure vite.
- Nonge. Je t’attends. Tu as su rester pure malgré les épreuves.
- Il se rend compte du piège. Il est trop tard. L’eau le dégrise. Sa bouche se déforme, ses yeux s’écarquillent, je le sens se tordre contre moi.
- Nonge. Je t’attends. Tu as su rester pure.
- L’eau se teinte de pourpre. Ma vie est comme ma vengeance, un échec. Il est cause de tout, de ma déchéance, et il vivra. Mes bras toujours si fermement liés voguent loin de moi.
- Nonge. Je t’attends.
- La rivière translucide sera mon linceul. J’aurais voulu t’apporter le repos, apaiser ton âme. Mes rubans flottent au gré des courants.
- Nonge.
- J’aurais aimé t’entendre dire mon prénom une dernière fois. Adieu.
- Les morceaux brisés de ton avenir dans les mains, je sais que tu ne reviendras pas. Non, il ne sera pas mort à cause d’une fille. Mon épée dans sa chair remplacera le piège de tes bagues. Chaque morceau de son corps dispersé te rendra justice. Tu aurais été mon salut. Adieu.
- …
- Je hais les femmes, elles sont plus fortes qu’elles en ont l’air.
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Ecrit par Magnus
Wonhyo.
On te trouva à l’aube, prés de la frontière, allongée dans un fossé. Ton corps meurtri était couvert de morsures et de plaies. Ainsi, les tiens avaient fini par te chasser Wonhyo… Les soldats de la garnison proche arrivèrent au grand galop et t’attachèrent comme une bête, puis ils te mirent en travers d’un cheval pour t’emmener en prison. J’ignore encore pourquoi ils ne t’ont pas abattue sur place. La Lune te l’avait-elle promis ? Tu restas plongée presque un mois dans un coma réparateur, enchaînée au mur de ta cellule, prisonnière de tes cauchemars couleur sang.
Pendant que tu revenais petit à petit à la vie, le commandant de la garnison écrivit à la capitale pour annoncer la capture d’un fils de Kaidaten. Le spécimen ne manifestait pas la moindre hostilité disait-il dans sa lettre, et quelque chose comme de l’humanité luisait dans ses yeux rouges. Il subissait son emprisonnement dans le plus grand calme, ce qui était du jamais vu pour nous, et semblait attendre. Attendre quoi ? Depuis quelques temps déjà, le ciel nocturne me chuchotait à l’oreille d’étranges paroles que je ne parvenais pas à interpréter. Quand j’eus vent de cet incident, tout devint clair pour moi, et je partis sur le champ pour la frontière.
Quand je me retrouvai face à toi, je sentis tout de suite la puissance qui émanait de ton être. Une puissance sauvage, indisciplinée, mais indéniable. Comme la Lune pleine dont la lumière est occultée par les nuages. Notre rencontre ne devait rien au hasard, Wonhyo, c’était le Destin qui était en marche. Je passai une semaine auprès de toi, une semaine à m’habituer à toi, et toi à moi, puis nous partîmes de nuit pour la capitale, où je te cachai dans mes appartements. Seul le roi était au courant de ton existence, et j’avais toute sa confiance.
Tu appris à parler notre langue en quelques semaines, et j’entrepris alors de faire ton éducation dans les arcanes de la magie. Comme tous ceux de ton espèce, tu étais d’essence lunaire, et ton pouvoir croissait avec la Lune. Ta soif d’apprendre était aussi grande que ton talent, et tu fis des progrès fulgurants. Le soir, tu me racontais la sauvagerie de ceux de ta race, leur violence incontrôlable et les sévices dont tu avais fait l’objet, toi, la différente, la démone qui pouvait manipuler la magie. Car seuls ceux qui étaient désignés par Kaidaten obtenaient ce pouvoir, et tu avais été persécutée pour avoir transgressé cette règle malgré toi. Au fil des années, tu en étais venue à vivre comme un enfant apeuré, perpétuellement brimée par les tiens.
J’entends encore ta voix, rauque mais étrangement agréable. « Maître, quand apprendrai-je la magie incantatoire ? » Ta détermination eut finalement raison de mes réticences et je te guidai dans cette voie dangereuse entre toutes, seul moyen pour toi d’achever ta conversion. Malgré la souffrance, malgré le sacrifice de nombreuses années de vie, tu réussis à abandonner cette forme imparfaite qui était la tienne pour devenir enfin Wonhyo, commandant des forces magiques au service du roi. C’est à cette époque que je décidai de me séparer de toi. Mon travail s’arrêtait là, tu avais encore un long chemin à parcourir et tu devais le faire seule.
Tu ne rencontras que peu de sympathie au sein de l’armée, mais qu’attendre d’autre ? Les soldats t’évitaient ou ignoraient ta présence, se méfiant sans trop bien comprendre pourquoi de « la magicienne ». Puis, un matin de printemps, devant la caserne, ton regard croisa celui de Mun-Su, général en chef des armées, et plus rien ne fut comme avant. C’est dans ses yeux à lui que tu cessas enfin d’être différente. Le Mage avait fait son travail, la parole était au Général…
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